La Fédération de l’UPA du Saguenay–Lac-Saint-Jean, la MRC de Maria-Chapdelaine et la Ville de Normandin souhaitent exprimer leurs préoccupations grandissantes à la suite des récentes coupures annoncées au sein d’Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC).
Même si la Ferme expérimentale de Normandin n’a pas été directement visée, les impacts indirects risquent d’être bien réels. La fermeture rapide du Centre de recherche de Québec, auquel la Ferme expérimentale était rattachée, et le départ confirmé de plusieurs chercheurs, notamment en plantes fourragères, laissent présager un affaiblissement du réseau scientifique et du soutien offert à la Ferme. Ces pertes d’expertise pourraient remettre en question la continuité de certaines activités auxquelles Normandin contribuait activement.
La Ferme expérimentale de Normandin joue un rôle stratégique unique au Canada. Elle constitue la seule installation de recherche agricole située dans la zone nordique du Québec et de l’Ontario, un territoire où la réalité des sols et du climat exige des connaissances scientifiques spécifiques. Les travaux qui y sont menés alimentent la recherche publique, soutiennent l’innovation et permettent de développer des espèces et cultivars adaptés aux environnements nordiques. Cette expertise, patiemment développée au fil des décennies, est essentielle pour soutenir une agriculture durable, résiliente et adaptée à nos conditions régionales.
Au cours des dernières années, le Nord québécois a connu un essor marqué dans la mise en valeur des produits issus des cultures nordiques. Pour maintenir cet élan, il demeure essentiel de poursuivre la recherche, d’investir dans l’innovation et de préserver la capacité d’expérimentation qui distingue la région. La moindre fragilisation de ce pôle scientifique pourrait freiner des avancées cruciales et réduire la compétitivité de toute la filière agroalimentaire régionale.
Les organisations signataires demandent donc au gouvernement fédéral de réaffirmer son engagement envers la Ferme expérimentale de Normandin, de garantir la pérennité de son mandat scientifique et de s’assurer que les décisions administratives actuelles ne compromettent ni son rôle, ni la vitalité de la recherche publique dans le secteur agricole.